MAGAZINES
Diffuseur : France 2 - 22h30
Production : 17 JUIN MEDIA
Diffusion : depuis 2000
Présenté par : Frédérique Lantieri - Christophe Hondelatte
Avec le participation de : CNC
Un film de : Clémence Badault
Format : 90 minutes
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LES MAGAZINES 17 JUIN MEDIA
accueil >> magazines >> faites entrer l'accusé >> 29/11/2009
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FAITES ENTRER L'ACCUSÉ
Le bagagiste de Roissy
émission diffusée le dimanche 29 novembre 2009
 
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Le 28 décembre 2002, un peu plus d’un an après les attentats du 11 septembre, un homme se présente aux policiers de la PAF, la police de l’air et des frontières, de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Il dit avoir vu sur le parking 2F, un individu qui manipulait des armes dans le coffre de sa voiture. La voiture en question contient en effet un impressionnant arsenal. Dans le coffre, les policiers trouvent des pains de plastique, des armes, des munitions, et un tract pro-palestinien.
 
Le propriétaire de la voiture, un certain Abderrezak Besseghir, 26 ans, est bagagiste à Roissy depuis 3 ans. Il est arrêté dans la journée. Soupçonné de préparer un attentat, le bagagiste prétend que les armes ont été placées dans sa voiture à son insu et dénonce un complot. Dès le lendemain, les médias s’emparent de l’affaire. Dans un climat d’alerte maximale en matière de menace terroriste, "l’affaire du bagagiste de Roissy" alimente les gros titres, et Besseghir est déjà présenté comme un terroriste d’un genre nouveau, qu’aucun service n’avait jamais détecté. Pour Faites entrer l’accusé, Philippe Dehapiot, l’avocat du bagagiste, revient sur le traitement médiatique réservé à son client. Dès les premiers jours, il doit désamorcer les rumeurs et rappeler le principe du secret de l’instruction. En garde-à-vue, Abderrezak Besseghir n’en démord pas : il s’agit d’un complot, sûrement ourdi par sa belle-famille, les Bechiri. En effet, les relations entre la famille de Besseghir et celle de sa femme étaient tendues. Et Louisa, la femme du bagagiste, est morte brûlée vive dans leur maison quelques mois plus tôt, en juillet 2002. La brève enquête avait conclu au suicide par immolation, mais les parents de Louisa récusent cette thèse. Ils sont persuadés qu’Abderrezak a tué Louisa. Les enquêteurs de la Section anti-terroriste commencent à considérer la thèse du complot après 4 jours d’investigations. Le portrait qu’on leur fait du bagagiste ne colle pas avec le profil d’un fondamentaliste… Besseghir est mis en examen, mais ils vont maintenant se pencher sur la piste familiale. Le juge Gilbert Thiel, qui mène l’instruction, revient avec Christophe Hondelatte sur ce tournant de l’enquête. Les résultats ne se font pas attendre. Le témoin qui avait dit avoir vu Besseghir manipuler les armes, un certain Marcel Le Hir, passe aux aveux. Avec son ami, Patrick Pouchoulin, un ami d’enfance de la mère de Louisa, ce détective privé a monté un coup. En compagnie d’un oncle de Louisa, ils ont rempli le coffre d’Abderrezak avec les armes et le tract, puis Le Hir est parti livrer son témoignage bidon… Une machination destinée à faire payer le bagagiste pour la mort de sa femme, dont ils le tiennent pour responsable. Après 10 jours passés en prison, et pendant lesquels il a été présenté à la France entière comme un symbole du terrorisme, Abderrezak Besseghir est libre et les médias font leur mea culpa. En mai 2004, les parents de Louisa et les 3 autres comploteurs écopent, en correctionnelle, de 5 mois ferme, 3 ans de mise à l’épreuve et d’une amende de 15 000 euros. Dans la foulée, la justice rend un non-lieu définitif dans le dossier de la mort de Louisa. Francis Vuillemin, l’avocat des Bechiri, revient sur le désarroi de ses clients, qui espéraient un procès d’assises dans ce dossier. Aujourd’hui, le bagagiste a repris son emploi et vit avec son fils, que les Bechiri ont l’interdiction de voir… (Rediffusion. 1ère diffusion : 17/06/2008)
 
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